Poire à glaçon Ettore Sottsass

poire-à-glaçon-ettore-sotssass
poire-à-glaçon-ettore-sotssass
poire-à-glaçon-ettore-sotssass

Cette poire à glaçon a été conçue en 1953 par le célèbre designer italien Ettore Sottsass.

Il existe une couleur verte pour ce modèle poire. Il existe également 2 pommes: une petite (15 cm de hauteur) et une grande (22 cm de hauteur). Elles se trouvent de couleur rouge ou dorée.

La société italienne qui fabriquait ces bacs à glaçons se nomait Rinnovel.

Ettore Sottsass  est né en Autriche, pays d’origine de sa mère, mais il rejoint l’Italie en 1929 avec sa famille pour y étudier l’architecture comme son père, bien qu’il soit intéressé par la peinture.
Il travaille d’abord comme architecte avec son père. Il participe à la reconstruction de son pays, après la Seconde Guerre mondiale, en construisant notamment des logements sociaux, mais il est rapidement déçu par le métier d’architecte. Ne pouvant réaliser l’architecture dont il rêve, il préfère l’abandonner pour le monde du design.
Il s’installe à Milan et ouvre alors sa première agence de design en 1947. Il touche un peu à tous les domaines de création durant ses débuts : la céramique, la peinture, la sculpture, la photographie, les bijoux, les meubles, le graphisme, l’architecture, l’architecture d’intérieur… Il abandonnera définitivement la peinture et la sculpture en 1965.

En 1950, le peintre Enrico Baj lui propose de participer à un groupe antirationaliste appelé « pour un Bauhaus imaginiste, contre un Bauhaus imaginaire ». Sottsass accepte mais il se rend compte qu’il n’est pas contre le rationalisme, il veut juste aller au-delà de celui-ci, le compléter.
Il commence la céramique en 1956, à la demande de l’Américain Irving Richards, un inventeur dans le domaine du design. Etorre Sottsass se rend alors à New York, avec sa femme Fernanda Pivano, où Richards lui commande d’une série de céramiques. Irving Richards était persuadé qu’il fallait renouveler les formes et les objets dans le monde du design. Sottsass cherchait alors à réaliser des céramiques qui iraient au-delà de leur fonction décorative. Il voulait dessiner des objets qui « sollicitent la perception que chacun a, ou peut avoir, de sa propre aventure ». Ses céramiques ont des formes simples, très populaires, elles s’apparentent à de grands bols aux couleurs primaires et à des coupes antiques dans lesquelles on buvait de l’eau de source. Cette série de céramiques fut un échec. Richards les a emmenées à New York mais n’en a vendu aucune de l’année.
Ensuite, il travaille quelque temps au sein de l’agence de design de George Nelson à New York. Cette expérience le conforte dans l’idée de se concentrer sur le design industriel.
À son retour en Italie, dès 1957, il travaille en tant que directeur artistique, en collaboration avec l’éditeur de mobilier contemporain Poltronova. Contrairement à la société Olivetti dans laquelle il travaillera plus tard, celle de Poltronova a une production semi-artisanale, et où l’expérimentation compte beaucoup. C’est chez lui qu’il teste de nombreuses associations de matériaux et de couleurs pour ses meubles.
Dès 1957, Ettore Sottsass expérimente une conception de meuble relié à l’architecture radicale, mais aussi fait des recherches sur la céramique, ainsi que sur la couleur et sur les matériaux.
En 1958, il devient consultant designer d’Olivetti, qui lui confie le nouveau secteur d’électronique. À ce titre, il participe à la création du premier ordinateur italien, Elea 9003, pour lequel il est récompensé du Prix Compasso d’Oro en 1959 ; de même qu’il dessine plusieurs machines à écrire électriques comme la Tekne 3 et la Praxis 48, caractérisées par leur sobriété et leurs lignes très abruptes (angles droits). C’est en 1969 qu’il conçoit, assisté par Perry A. King, la machine à écrire rouge Valentine, aujourd’hui considérée comme l’une des créations marquantes du design du xxème siècle. Elle séduit un vaste public par son aspect très ludique, tout droit inspiré du pop art, elle est aussi l’une des premières machines qui soit légère et transportable dans une mallette.
Dans les années 1970, il met au point un système de mobilier de bureau reposant sur un principe modulaire, qu’il appelle Synthesis 45, le mobilier de bureau n’étant, selon lui, plus approprié aux besoins de son époque.
Le fils Roberto Olivetti succède à son père et propose à Sottsass un poste permanent au sein de l’entreprise mais il refuse, souhaitant garder son indépendance. On lui propose alors de devenir directeur artistique d’un nouveau bureau d’étude indépendant, créé à son attention, lui permettant de garder son autonomie. Ce bureau d’étude devient vite très important à l’échelle mondiale dans le domaine du design, grâce à l’entourage que Sottsass se crée. Il continuera sa collaboration avec Olivetti jusqu’en 1980, malgré son activité dans diverses sociétés. Il poursuivra notamment sa conception d’équipements de bureau.
Il effectue à cette même période deux voyages qui ont fortement influencé son travail par la suite.
Il voyage d’abord en Inde en 1961, par envie de découvrir une société très différente de la sienne, où il s’imprègne des couleurs, et de la culture hindoue. Il se rend à New Delhi, qui était encore en ruine à l’époque, la plupart des gens dormaient dehors, de nombreux cadavres circulaient sous ses yeux ; cependant, les rues étaient remplies de fleurs, de couleurs, de parfums, d’encens, et de belles choses. Il remet en question sa vision du monde à la suite de la découverte d’une nouvelle manière de considérer la mort. Il a perçu la mort, là-bas, comme une normalité.
Son second voyage est imposé par une grave maladie des reins peu connue, la néphrose, qu’il doit se faire soigner aux États-Unis, à l’hôpital de Palo Alto.
Il se rend à San Francisco, en Californie, où il s’installe un temps, et y découvre le Pop art, qui le pousse à s’interroger sur la société de consommation. Il fut très marqué par les débuts de la diffusion de l’image populaire dans les journaux américains. Il rencontre de nombreux poètes et écrivains, connus de sa femme, influents de la beat generation, l’incitant à réévaluer la place de l’homme dans le monde. Il a été fortement influencé par la culture beat et hippie américaine car il était fasciné par le pacifisme des luttes révolutionnaires des années 1960 aux États-Unis, contrairement à celles d’Europe, très violentes. Grâce à ces expériences, il va réévaluer sa production design du point de vue de l’aspect politique et social.
Sa maladie lui fait oublier son échec avec ses premières céramiques et, au retour de ces voyages, il réalise une série de céramiques appelées « les céramiques des ténèbres » en 1963, reflétant son état d’esprit lorsqu’il était atteint de sa maladie, et en 1964, une série de cent plats qu’il dédie à Shiva, dieu hindoue, représentant la source créatrice en sommeil.
Sottsass commence le travail de la céramique au milieu des années 1950, qu’il continue régulièrement jusqu’à la fin des années 1970. De la fin des années 1960 au début des années 1970, il participe à des expositions, environ une fois par an : Menhir, Ziggurat, Stupas, Hydrants et Gas Pumps ; Miljo for en ny Planet ; Ceramiche Tantriche, Ceramiche di Fumo, Yantra di Terracotta, Indian Memory. Il déclare lors d’une interview : « pour moi, la céramique a toujours été une grande zone d’expérimentation, et l’est aujourd’hui encore ».
Au milieu des années 1960, un groupe contestataire d’architectes et de designers florentins et turinois suit le mouvement de l’Antidesign. En réaction à la société consumériste, ils remettent en question l’architecture et le design, en partie responsables du consumérisme. Ettore Sottsass participe activement à ce mouvement, en créant notamment, avec sa femme, la revue Pianeta fresco, publiant les débats et les réflexions de ce groupe.
En 1972, une exposition organisée par Emilio Ambasz, dédiée au design italien, a lieu au MOMA à New York, sous le nom de The New Domestic Lanscape. Elle présente les productions des artistes italiens quant à la réflexion d’un nouveau mode de vie, d’une nouvelle manière d’habiter, pour une nouvelle société. Sottsass expose ses meubles containers, chaque activité de la maison est contenue dans l’un de ces meubles. Il présente des containers contenant un four, un réfrigérateur, une douche, des toilettes, une armoire à vêtements, un espace de lecture, un juke-box, une bibliothèque. Ces meubles sont sur roulettes. Il propose ces mobiliers bon marché et peu esthétiques dans le but de suggérer une nouvelle façon d’habiter, celle de combiner des éléments modulaires. il déclare: « l’idée est que les meubles peuvent se rapprocher ou s’éloigner entre eux. Ainsi, celui qui vit au milieu de ses meubles doit pouvoir s’en approcher ou s’en éloigner, comme de ses amis ou de ses parents, s’il lui vient l’envie de le faire […] J’ai imaginé que, grâce aux technologies avancées ou du moins aux technologies dont on parle tant, on pourrait éliminer, dans la construction des maisons, une série de structures rigides, avant tout celles des équipements, et ainsi chacun pourrait avoir son propre dépôt de liquides, de chaleur, d’air, de détritus et les emporter avec soi où cela lui plaît et quand cela lui plaît ». Il veut trouver le moyen de pouvoir se manifester avec les meubles. C’est une manière de proposer un mode de vie utopique.
Ettore Sottsass réalise l’année suivante une série de dessins portant sur l’invention d’une société utopique qu’il appellera Il pianeta come festival.
Considéré comme l’un des précurseurs de l’architecture radicale en Italie, il arrêta l’architecture en tant que telle de 1966 à 1978, pour se consacrer à l’écriture et au dessin, mais il réalise aussi des photographies, des projets conceptuels et des installations. Dès les années 1970, il se consacre au dessin ainsi qu’à l’écriture.
C’est à cette époque qu’Ettore Sottsass mène son travail sur la remise en question du langage de l’architecture et mène une réflexion sur l’environnement, avec des réalisations photographiques telles que L’invenzione del Palo (1971-1972), série de 12 photographies mettant en scène un poteau déclinant ses multiples fonctionnalités. Il les exposera d’ailleurs à la Biennale de Venise de 1976 à l’occasion de l’exposition Etorre Sottsass : un designer italiano.
En 1970, il rencontre Eulilia Grau, une jeune artiste de Barcelone, avec laquelle il va voyager en Espagne et dans les Pyrénées. Il souhaitait fuir et s’isoler dans les montagnes ou dans des lieux déserts. Pendant six ans, il jonglera avec sa vie au bureau à Milan et sa vie nomade en Espagne accompagné d’Eulilia. C’est de ces périples que naissent les premières photographies qu’il appellera plus tard Métaphores. Il commence à faire des constructions très primaires dans le paysage, avec des branches, des cailloux, de la ficelle, des bandes de tissus, des boîtes en carton… Ces constructions qu’il photographiera sont une réflexion sur le langage architectural, sur l’homme, sur la vie et sur le sens de « construire ».
Entre 1972 et 1978, il réalisa trois groupes de photographies : Dessins pour les destins de l’homme, Dessins pour les droits de l’homme et enfin Dessins pour les nécessités des animaux. Elles ont été prises à la fin de la période de l’architecture radicale.
Etorre Sottsass sera invité en 1974 à participer à l’exposition d’ouverture du Cooper-Hewitt à New York prévue pour 1976. Il accepte l’invitation et y expose ses trois groupes de photographies.
Ettore Sottsass collabore avec la revue Casabella, dirigée par Alessandro Mendini de 1972 à 1976, qui fut le support de diffusion des idées et de l’architecture le plus important en Europe.
C’est en 1973 Ettore Sottsass fonde, près de Florence, Global Tools, une contre-école d’architecture et de design avec plusieurs acolytes de la discipline, notamment Archizoomet Superstudio, mais elle prit fin presque immédiatement.
Il rejoint le studio Alchimia en 1979, groupe de designers de meubles avant-gardistes, fondé à Milan en 1976 par Alessandro Mendini et Adriana Guerriero, qui propose une vision décalée du design, avec une volonté de renouveler les objets du quotidien.
Il fonde en 1981 le Groupe de Memphis (nommé d’après une chanson de Bob Dylan) avec d’autres créateurs dans le domaine du néo design. Il s’entoure de jeunes designers comme Aldo Cibic, Matteo Thun, George Sowden, Nathalie du Pasquier et Michele De Lucchi, et obtient l’appui financier d’Ernesto Gismondi, patron d’Artémide. Pour Sottsass, Memphis est l’expérience de la maturité : « à force de marcher dans des zones d’incertitude, à force de dialoguer avec la métaphore et l’utopie, à force de rester à part, nous avons accumulé aujourd’hui une certaine expérience. Nous sommes devenus de bons explorateurs ». Toujours dans l’idée de ne pas tomber dans une véritable production industrielle, ils sont produits en séries limitées. Leur production se caractérise par des formes innovantes, des couleurs vives, des matériaux bon marché et une association de matériaux inhabituelle. Ils dessinent principalement de l’ameublement domestique (meubles, tapis, lampes, tissus, horloges…).
Parmi les réalisations les plus connues, on trouve le meuble de rangement Beverly (1981), la bibliothèque Carlton (1981) ou le meuble totem Casablanca (1981). La médiatisation de Memphis diffuse le mouvement du nouveau design dans le monde entier.
En 1986, il dessine pour Memphis une série d’objets en verre, dont des vases rappelant les caractéristiques du totem (vase Saffo, 1986).
En 1985, Sottsass quitte Memphis pour se concentrer sur sa propre agence d’architecture, de graphisme et de design, Sottsass Associati, où il travaille avec les anciens membres du groupe de Memphis et les plus jeunes collaborateurs, ainsi qu’avec l’architecte Johanna Grawunder et le designer industriel James Irvine. Il travaille pour de grandes entreprises telles que Apple, Phillips, Siemens, Zanotta, Fiat, Alessi… On lui confie aussi l’aménagement intérieur de tous les magasins de la marque Esprit (Esprit Holdings).
Il réalise une série de maisons privées, dont celle du designer industriel David Kelley à Palo Alto, la maison Wolf dans le Colorado entre 1987 et 1989, la maison Cei en Florence, entre 1989 et 1992 et la maison Yuko à Tokyo en 1992 ; et quelques projets publics dont l’aménagement intérieur de l’aéroport de Milan Malpensa en 2000.
En 1987, il crée une collection de bijoux qu’il appellera « bijoux d’architecte » pour une maison d’édition italienne. Il commence à faire des bijoux à partir des années 1960 et continuera toute sa vie.
Lauréat de nombreux prix (il reçut quatre fois le prix italien Compasso d’Oro), présent dans les collections des plus grands musées (MoMA, New York ; Centre Pompidou, Paris), Sottsass ne cessa de développer une pratique au croisement de l’art, de l’architecture et du design.
Il est notamment célèbre pour une phrase qui incarne très bien l’esprit qui anime bon nombre de designers : « le designer est une éponge, certes, mais une éponge cosmique ».
Il s’éteint à l’âge de 90 ans,le 31 décembre 2007 à Milan.

 

Poire à glaçon Ettore Sottsass

hauteur: 24 cm
en aluminium rouge
circa 1950

Poster le commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pin It on Pinterest

Share This