Fauteuil Bow Wood Steiner prune

 

 

Superbe fauteuil Bow Wood Steiner prune de 1948. Technique du bois courbé.
Charles Steiner, ébéniste roumain né en 1894 à Bucarest, attiré par Paris comme nombre d’artistes et d’artisans de talent, ouvrait en effet son premier atelier non loin de là, dans les années 1920. Le faubourg était alors plus réputé pour la qualité de ses fabrications que pour l’audace de ses meubles.
La société Steiner est alors créé en 1926.
La première création de Charles Steiner détonne. Ce fauteuil club hésite entre le style anglais des Chesterfield et l’audace Art Déco typique de l’époque. Le génie de Charles Steiner perce au travers de la relecture inspirée de confortables classiques, soulignant bien sa façon toute particulière de jouer avec les codes sans aller à la rupture. Charles Steiner perçoit très tôt l’importance des mouvements modernistes et fonctionnalistes. En signant le fauteuil bridge Constance en tubes métalliques chromés, il s’inscrit dans le sillage d’un Le Corbusier.
Néanmoins, Charles Steiner continue d’explorer les possibles offerts par le fauteuil club. Il s’attache ainsi les services d’un jeune créateur visionnaire, Etienne-Henri Martin, avec lequel il conçoit, en 1937, le SK140. Ce fauteuil définit bien la philosophie de cet artisan : un équilibre entre l’excellence du confort, la modernité des lignes et l’accessibilité des prix.
Son fils Hugues prend les rênes de l’affaire familiale en 1948, au décès de son père. Sous son impulsion, Steiner prend le tournant de la modernité. Hugues Steiner s’entiche du design scandinave. Il développe ainsi la gamme Bow Wood (littéralement bois courbé), dont l’esthétique pure n’est pas sans rappeler les plus belles réalisations du Finlandais Alvar Aalto. La fibre artistique d’Hugues Steiner le conduit à s’entourer de jeunes talents, à commencer par Pierre Guariche. Ce créateur visionnaire entend, dans une France en pleine reconstruction, concevoir des meubles fonctionnels, élégants et astucieux.
Ainsi est née cette sublime fauteuil Bow Wood Steiner prune.
Ou encore la fameuse table basse tripode.
En 1951, il signe plusieurs icônes du design. Tout d’abord la chaise Tulipe, puis la chaise Amsterdam composée d’une coque en bois posée sur un discret piètement métallique. Inspiré par Charles Eames, il développe l’un de ses chefs-d’œuvre : le fauteuil Vampire.
En 1958, René-Jean Caillette dessine la chaise Diamant et Joseph-André Motte le fauteuil 770, aux proportions savamment calculées. Deux classiques immédiats aujourd’hui réédités. Au cœur des Trente Glorieuses, ces trois décennies de croissance ininterrompue qui ont suivi l’immédiat après-guerre, les Français s’enthousiasment pour les lignes sobres et élégantes. Steiner signe ainsi de véritables succès.
La fin des années 60 s’accompagne d’une révolution des mentalités. Le design s’empare lui aussi de ce désir de changement. Steiner rompt avec le classicisme et flirte avec l’impertinence. L’éditeur accueille à bras ouverts les créateurs les plus iconoclastes. La marque s’entiche de Kwok Hoï Chan. Les lignes futuristes et les couleurs franches de ce créateur né à Hong Kong font écho au psychédélisme ambiant. Son fauteuil Zen semble en apesanteur, les chauffeuses Chromatique sont modulables à l’infini, la chauffeuse Limande impose son esthétique novatrice. Claude Courtecuisse rejoint lui aussi l’équipe Steiner pour des créations originales.
A l’aube des années 1980, Hugues Steiner s’aventure dans la haute-couture en s’associant à Pierre Cardin. Ce dernier travaille les meubles comme des sculptures et les draps de tissus précieux aux motifs audacieux. Après cette collaboration, Steiner s’attache à établir les codes d’un néo-classicisme, peaufinant des modèles savants. Cette alchimie inédite associe confort irréprochable et pureté formelle. Les modèles Mandala, Ikeda et Equinox.
Dans les années 2000, Steiner fait souffler un vent d’audacieuse créativité sur sa collection: la marque encourage les talents les plus prometteurs grâce au concours Steiner des Jeunes Designers et s’entoure de créateurs reconnus et emblématiques tels que Ora-ïto, le studio Memo, Victor Boëda, C+B Lefebvre, ou Eric Gizard.

fauteuil Bow Wood Steiner prune

en bois courbé et tissus

circa 1950

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